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Expériences

n°1/1

Quand la science participative s'invite dans les espaces verts d’immeubles

France, Ile-de-France

Description

De juin 2013 à juin 2014, nous avons mené une opération pilote de science participative dans les espaces verts de deux sites du bailleur social Paris Habitat OPH.

Sur chaque site, nous avons accompagné les résidents dans la réalisation et l’appropriation de deux protocoles permettant de réaliser des suivis participatifs de la nature dite « ordinaire ».

Nous avions préalablement identifié ces protocoles comme étant les mieux adaptés à des espaces verts de résidence collective.

Le premier concerne l’observatoire des Oiseaux des jardins (ODJ) qui permet d’apprendre à reconnaître les oiseaux et à les compter dans les espaces verts de résidence tout en prenant part à un programme de recherche, et le second concerne le Suivi Photographique des Insectes Pollinisateurs (SPIPOLL) qui est basé sur la photographie numérique d’insectes dans les fleurs de la résidence, avec identification des espèces et transmission des clichés aux chercheurs.

Une évaluation a été réalisée notamment grâce à une enquête effectuée auprès des résidents.

Objectifs

  • Sensibiliser les résidents à la biodiversité locale
  • Développer des activités dépassant la seule limite de la résidence pour contribuer à un projet plus large
  • Créer une envie de transmission de savoir, façon marketing viral, pour assurer la pérennisation et le développement de cette connaissance, en rendant les résidents acteurs
  • Changer le regard et contribuer au meilleur respect des espaces verts

Bilan

L’évaluation de cette expérimentation a permis de mettre en avant la bonne mobilisation des résidents, une bonne appropriation des observatoires, en particulier de l’ODJ, mais un accompagnement informatique à parfaire, ainsi qu’une très grande satisfaction des participants.

Nous avons mis en évidence de bonnes perspectives pour la pérennisation de la pratique des observatoires sur les sites concernés, notamment grâce au fort potentiel de transmission du protocole à certains habitants par des résidents relais suite à notre passage.

Et voici les principaux impacts positifs de la démarche qui ont pu être mis en évidence :

  •  Une véritable prise de conscience concernant la biodiversité locale pour la plupart des résidents, et un développement des connaissances pour ceux qui  connaissaient déjà plusieurs espèces locales d'oiseaux et d'insectes. Cette prise de conscience s'accompagne le plus souvent d'un changement de perception des espaces verts, chez les enfants comme chez les adultes, plus ou moins important. Et l'on peut imaginer, comme le pensent plusieurs résidents, que cette prise de conscience va s'accompagner progressivement d'un plus grand respect de ces espaces verts. Notons que la présence de personnes sur le terrain incite les autres résidents à se poser des questions et potentiellement à plus respecter leurs espaces verts d’immeuble. Certains résidents considèrent que la démarche aura un réel impact sur le respect des espaces verts uniquement si elle est associée à une démarche globale de sensibilisation.
  • La pratique de l'observation permet de canaliser l'énergie et l'attention des enfants sur autre chose que des jeux bruyants et des dégradations dans les espaces verts, tout en leur apprenant à être autonomes.
  • Les animations ont favorisées le lien social, et sur un site elles ont permis, notamment grâce au dialogue ponctuel entre familles avec jeunes enfants et personnes âgées, d'amorcer une résolution des conflits liés aux usages des espaces verts.
  • Au-delà de la dimension nationale des observatoires qui permet de participer à un projet  s'étendant au-delà des limites de la résidence, c'est surtout le fait d'avoir le sentiment de contribuer à la recherche scientifique et à la conservation de la biodiversité qui a beaucoup plu aux participants.

Difficultés, solutions, conseils

Recommandations en cas de transposition

1- Choix du site / choix du protocole

  • Privilégier les sites avec la plus importante surface d’espaces verts (surface minimum : 250 m2) ;
  • Privilégier les sites avec le plus de diversité végétale, et s’assurer au moins qu’ils répondent aux critères suivants : présence d’au moins 10 arbres et arbustes, avec une certaine diversité d’espèces (pour l’ODJ), et présence d’au moins une zone fleurie à proximité directe des allées et d’au moins 4 zones fleuries au total (pour le SPIPOLL) ;
  • Choisir un site avec une association de locataires (ou une structure relais) intéressée par la démarche ;
  • Choisir  un  site  avec  un  réseau  d’allées  suffisamment  larges  pour  circuler  avec  un  groupe  d’une  dizaine  de personnes ou alors des zones permettant de stationner quelques minutes en groupe ;
  • Choisir un site avec un minimum de 80 logements dans la résidence ;
  • Choisir un site où vous pourrez avoir accès avec un petit groupe à une salle avec au moins un ordinateur dans  un  lieu  de  proximité  (centre  d’animation,  centre  social,  salle  informatique…),  ou  alors  un  site  où  la WIFI fonctionne très bien dans les espaces extérieurs ;
  • Favoriser  l’ODJ  plutôt  que  le  SPIPOLL car  il  est  plus  facile  d’accès  et  moins  compliqué  sur  le  plan informatique ;
  • Prévoir de travailler sur le SPIPOLL seulement si on a pu identifier un groupe très motivé dés le départ, ou si les personnes ayant déjà découvert l’ODJ sont intéressées par le SPIPOLL.

2- Eléments de calendrier (période, durée, fréquence)

  • La meilleure période d’intervention est de début mai à mi-juin, et il peut être intéressant d’intervenir lors de la Fête de la Nature fin mai, mais il reste pertinent d’intervenir dés avril car cela laissera plus de temps aux résidents pour aller sur le terrain à la belle saison ;
  • Eviter d’intervenir pendant les vacances d’été, sauf si le site d’intervention compte peu de départ en vacances ;
  • Proposer des séances de terrain durant au minimum 1h30 ;
  • Maintenir un intervalle minimum de 2 semaines entre chaque séance de terrain.

3- Communication

  • Proposer un affichage efficace (insister notamment sur le fait que les animations s’adressent aussi bien aux adultes qu’aux enfants) ;
  • Prévoir un stand d’introduction avant la première séance de terrain (pas plus d’une semaine avant cette séance) (profiter  du  stand  pour  distribuer  des  flyers  présentant  les  observatoires,  pour  expliquer  que  la démarche s’adresse autant aux adultes qu’aux enfants, puis pour inscrire les résidents aux séances de terrain et noter leurs coordonnées);
  • Montrer une petite vidéo du travail de terrain sur le stand et/ou en début de séance de terrain et/ou sur un blog ou sur un site internet (celui de l’amicale ou de l’intervenant) ;
  • Prévoir une petite séance de type « évaluation en pied d’immeuble » quelques semaines après les séances de terrain qui permettra d’amplifier la communication auprès de ceux qui n’ont pas assisté aux activités, qui facilitera l’identification de résidents relais, et qui relancera ceux qui n’ont pas encore ouvert de compte.

4- Organisation / méthodologie

  • Prévoir au moins 2 séances de terrain, qu’elles concernent 1 ou 2 observatoires ;
  • Prévoir au moins 1 séance sur ordinateur (ou 1 heure en fin de séance de terrain) afin d’accompagner les résidents  dans  l’ouverture  d’un  compte  sur  le  site  Internet  du  ou  des  observatoires  concernés,  et  afin  de  les aider à saisir leurs premières données et/ou photographies ;
  • Ne pas sous estimer le temps d’explication concernant l’ouverture d’un compte sur Internet et la saisie des données et photographies (prévoir dans certains cas d’aller chez les résidents s’ils le demandent pour les aider à ouvrir un compte) ;
  • La présence de 2 animateurs est recommandée lors de la première séance de terrain, notamment pour faire un double accompagnement adultes/enfants, ou alors selon les cas pour gérer un groupe par protocole ;
  • Proposez une présentation des 2 protocoles dés la première séance plutôt que de dédier  une séance à chaque protocole ;
  • Si  l’occasion se présente,  ne pas hésiter à amorcer  un dialogue  lors des séances de terrain  visant  à résoudre certains conflits entre résidents concernant l’usage des espaces verts ;
  • Prévoir  une  séance  de  relance  lors  de  l’année  suivant  le  lancement  du  projet, afin  de  relancer  la dynamique  à  l’année  n+1,  afin  d’identifier  de  nouveaux  participants  et  afin  de  confirmer  la  présence  de résidents relais, sortes d’ambassadeurs de la science participative prêts à former d’autres résidents à la pratique d’au moins un observatoire.

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